mercredi 7 octobre 2009

Eau de Parfum, Gucci


On peut, comme moi, détester le personnage, mais il faut bien l'admettre : c'est sous l'impulsion du charismatique Tom Ford que Gucci a connu son heure de gloire. Cela est vrai en matière de mode, où il a su inventer un langage aussi concis que séduisant et lancer la marque au firmament, et cela est vrai aussi en matière de parfumerie, où il est parvenu à braver toutes les réticences pour proposer des créations d'une effronterie rare et irrésistible.

Après Envy et Rush, c'est surtout avec le très sobrement nommé Eau de Parfum, dernier lancement avant son départ, qu'il a légué à la postérité un jus d'exception. Refusant l'évolution habituelle en trois temps, il a préféré une construction compacte à la fois épicée et poudrée, terriblement sensuelle sans pour autant verser dans le clinquant. Bien au contraire, l'extraordinaire force de ce parfum réside dans son aspect sombre et discret, tout à fait enchanteur.

Ce caractère fatal et frondeur n'en fait pas un compagnon quotidien, mais plutôt le complice de moments choisis. On le préférera sans doute le soir, quand la lumière s'éteint et que la peau se fait accueillante. Il me fait penser, par sa profondeur et sa puissance, à une encre. Le flacon enfin est probablement l'un des plus réussis de ces dix dernières années, massif, sobre et fort. Voilà un parfum essentiel qu'il faut se dépêcher d'essayer : les rumeurs vont bon train que Procter & Gamble, récent acquéreur de la licence des parfums Gucci, serait sur le point d'en arrêter la production...

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