mardi 13 octobre 2009

Eau Sauvage, Christian Dior


Il en va de la parfumerie comme de toute création artistique : à un certain niveau de pratique, on finit par atteindre le beau souvent ; toucher au sublime en revanche, voilà un défi relevé par quelques rares élus seulement, qui sont à leur discipline ce que La Joconde est à la peinture ou la Dolce Vita au cinéma. Eau Sauvage est de ceux-ci, incontestablement.

Au départ s'exprime une idée simple : créer un parfum pour homme qui ne soit pas une eau de cologne, tout en en reprenant la trame et les notes principales. C'est donc autour du citron, du petit grain, du vétiver et de la mousse de chêne qu'Eau Sauvage va naître en 1966 entre les mains d'Edmond Roudnitska. Identifiable entre mille, ce parfum d'un classicisme impeccable est aussi discret qu'évocateur. Il n'a pas d'âge, et convient tout autant à l'adolescent novice qu'à l'homme mûr revenu de tout. Son intarissable fraîcheur, sa fougue élégante, sa vigueur naturelle font retourner les têtes et chavirer les coeurs.

Alors certes on peut lui reprocher une tenue médiocre à peine améliorée dans la version Extrême sortie il y a quelques années : qu'importe. A vrai dire, c'est même peut-être la clef de son succès : cette courte durée de vie impose à l'amateur de renouveler l'application régulièrement, et chaque fois le miracle a lieu. Eau Sauvage est l'odeur de la jeunesse, c'est une perpétuelle naissance au monde... Une oeuvre géniale, intemporelle, classique.

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