samedi 20 février 2010

Arpège, Lanvin

Arpège... En dépit d'un nom poétique et d'un flacon superbe, voilà un parfum particulièrement difficile à appréhender. Un peu comme les vitrines immenses et chatoyantes d'une boutique haut-de-gamme, il envoie tous les reflets d'un luxe qui se savoure entre habitués, une panoplie intimidante pour "qui n'en est pas". Les notes de tête, loin d'être douces, annoncent immédiatement la sophistication de cette formule si fleurie qu'elle en devient abstraite. Un passage un peu plus suave après quelques minutes rappelle l'odeur ronde et liquoreuse d'un Sauternes, avant de s'éloigner et de permettre au parfum de retrouver son caractère altier. Assurément, on est en présence d'un grand, et de même que pour la littérature de Joyce, il faut sans doute une éducation que je n'ai malheureusement pas pour en apprécier toute la profondeur.

Il me fait l'effet d'une très belle femme qui, ne pouvant, de par son rang, ne s'adresser qu'à un prince, repousserait quiconque lui adresserait la parole. Ces temps me semblent révolus, et si l'envie peut bien sûr me prendre de me retourner pour admirer cette très belle femme à nouveau, je n'ai en revanche nulle envie d'insister. Je reste donc sur une impression d'âpreté que je n'avais pas rencontrée jusqu'alors et qui atténue, hélas, l'appréciation de son évidente splendeur. Son sillage ardent, complexe et grave me frappe plus qu'il ne me touche : nous ne ferons, de toute évidence, jamais route ensemble...

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