mercredi 13 janvier 2010

cK one, Calvin Klein


cK one est une météorite qui a traversé le ciel à une vitesse vertigineuse et s'est écrasée à la surface de la Terre en provoquant un séisme comme on n'en connaîtra probablement plus avant longtemps. Comme pour le Christ, il y a l'Avant et l'Après...

On ne va pas raconter l'histoire à nouveau, tout le monde la connaît : l'année même ou Dior prépare Dolce Vita, un riche boisé construit autour d'un sillage de rose, Calvin Klein prend tout le monde à rebrousse-poil et porte le coup de grâce à l'image traditionnellement bourgeoise de la parfumerie en proposant ce qu'il a été convenu d'appeler un "non-parfum", une odeur de propreté fraîche conditionnée comme un dissolvant et vendue sur une image jeune, jeune, jeune. Raz-de-marée, succès immédiat, ouverture de la boîte de Pandore et tout ce qui s'ensuit... Fermez le rideau.

J'ai détesté cK one à sa sortie. J'ai déjà parlé de stridence en parfumerie (l'expression n'est pas de moi) : en voilà le véritable prototype, avec sa note florale synthétique ultra aiguë posée sur un doux musc blanc tout aussi synthétique. Je n'ai alors rien compris à ce truc, et je dois dire qu'aujourd'hui encore je n'y comprends toujours pas grand chose. Quoiqu'il en soit, après une longue période où il s'est (quand même !) fait plus rare, je l'ai à nouveau senti sur quelqu'un dans la rue il y a un ou deux ans et j'ai alors été frappé par la simplissime beauté qui chatouillait mes narines. Etonné, je me suis empressé de l'acheter et de l'essayer enfin, chose que je n'avais encore jamais faite : miséricorde ! Encore et toujours cette pestilentielle odeur assourdissante, aussi suave et agréable qu'un feu d'artifices de canards très au-dessus de la clef de sol...

Au bout du compte, et au delà de l'icône qu'il a été à une certaine époque, cK one m'apparaît aujourd'hui comme un parfum paradoxalement très difficile à s'approprier. Sans que je ne connaisse ses critères, il semble ne révéler ses charmes que sur certaines peaux, ou peut-être tout simplement dans la diffusion vague de son sillage. Il me faudrait être à deux mètres de moi-même pour l'apprécier, là où, malgré tous les efforts du monde, je ne serai jamais... Voilà une caractéristique tout à fait singulière, qui explique sans doute l'espèce de love-and-hate relationship que j'entretiens avec lui. A réserver à ceux que vous voulez tenir à distance, donc... ;)

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