samedi 6 février 2010

N°19, Chanel


Si le N°5 incarne mieux que tout autre l'esprit parisien, reposant avant tout sur la brillance et la vivacité de ceux qui le composent au dela de toute notion de classe sociale, le N°19 apparaît quant à lui comme le représentant le plus abouti d'une aristocratie provinciale gouvernée par des codes stricts, à l'élégance impeccable qui ne laisse rien au hasard.

Enfant d'une famille olfactive qui a vu naître des sommets de beautés froides (Miss Dior, Vent Vert...), il en reprend la superbe structure chyprée, à la fois hautaine et classieuse, en s'ouvrant sur des notes vertes d'un réalisme et d'un naturel épatants. Iris et galbanum viennent donc ouvrir ce bal avec force et mesure, et trouvent en chemin un bouquet floral très Chanel qui évolue doucement sur un tapis de vétiver, de mousse de chêne et de cèdre absolument magnifique. L'ensemble est tenu d'un bout à l'autre et parvient à donner beaucoup de personnalité en restant finalement assez discret.

Plus que pour n'importe quel autre parfum que j'ai senti, il me semble indispensable de préférer l'extrait à l'eau de parfum ou l'eau de toilette : une pureté pareille, aussi réussie fût-elle dans une version plus légère, doit être goûtée à son intensité maximale.

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