jeudi 22 avril 2010

Rive Gauche, Yves Saint Laurent


Etonnamment, Rive Gauche est resté très à part dans la production depuis sa sortie, et n'a eu à souffrir que de la concurrence discrète du joli Calandre de Paco Rabanne pour arriver jusqu'à nous. Un peu à la manière de ce qu'a fait Fahrenheit chez les hommes, il a créé une signature unique, éminemment reconnaissable, d'une modernité implacable, qui lui vaut l'amour inconditionnel de celles qui l'ont un jour adopté.

Il faut dire qu'il y a là un parfum pas banal : un prodigieux nuage d'aldéhydes qui confère au sillage cette note abstraite très singulière, et qui prend tout son temps pour se dissiper et laisser apercevoir l'extraordinaire volupté de son coeur et de son fond, faits de rose, de vétiver et de mousse de chêne. On part d'un aspect presque synthétique pour découvrir l'un des jus les plus terreux, les plus viscéraux de la parfumerie féminine, et l'on n'en revient pas de constater son étonnante netteté et son éclat de plus en plus sublime à mesure que les heures passent.

Elles sont peu nombreuses, celles qui continuent de s'adonner à Yves Saint Laurent à travers lui ; pourtant, je ne peux m'empêcher de me retourner sur leur passage dès que j'en croise une : il émane d'elles une aura différente, nimbée d'assurance et d'une certaine hauteur, qui leur donne un charme presque froid et une originalité qui interpelle. Rive Gauche, plus que jamais, est selon moi le signe d'une personnalité hors du commun, et l'un des parfums les plus importants qui existent.

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