lundi 3 mai 2010

Coco, Chanel


Je vois mal quel parfum parviendra un jour à détrôner Coco en tant que traduction olfactive du faste : tout ici évoque un luxe absolu, qui colle bien aux années fric pendant lesquelles il a vu le jour et qui est venu jusqu'à nous sans pourtant devenir obsolète, caricatural ou inadéquat.

La maison Chanel voulait un parfum qui illustre le sentiment ressenti en pénétrant dans l'appartement de la grande Mademoiselle rue Cambon : je n'ai hélas jamais eu ce privilège, mais pour avoir vu les photos de ce lieu mythique à plusieurs reprises, je crois qu'on comprend dès les premières notes que Jacques Polge, auteur de cette composition, a œuvré avec le talent suprême qu'on lui connaît pour remplir sa mission.

J'adore Coco. C'est un oriental, un vrai, gorgé d'ambre, de patchouli, de musc, embelli de fleurs et inauguré par une note de pamplemousse presque imperceptible qui lui permet d'éviter l'aspect collant d'Opium. On y retrouve la "patte" Chanel, cette indescriptible harmonie, cette rondeur, cette plénitude qui vous emplit les narines sans laisser le moindre interstice vide entre les notes qui s'enchaînent : tout est à sa place dans ce beau jus cognac qui laisse planer derrière celle qui le porte un sentiment de confiance et d'impertinence véritablement réjouissant.

C'est, parmi toutes les beautés de la maison, le parfum des jours de fête, celui qui se ressert une coupe de champagne et prend deux fois des petits fours. Effrontément décadent et pourtant élégant de la tête aux pieds. En un mot : admirable.

2 commentaires:

  1. Je découvre votre blog! Je suis ravie! Bel article de Coco! Aaah Coco est magistral! C'est en edp que je le préfère. Mais il parait qu'il a récemment été reformulé au point d'en perdre sa superbe...quel gâchis!

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  2. Bonjour Jeeks !

    Je n'ai pas senti Coco ces derniers mois : ce serait très dommage en effet s'il avait été abimé, je trouve ce parfum si chaud, si luxueux ! Merci pour vos compliments, en tout cas !

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