mardi 31 août 2010

Aromatics Elixir, Clinique


Il y a quelques mois, la banque HSBC a lancé une campagne de publicité qui interrogeait le passant en lui montrant de grandes réalisations architecturales telles que la Tour Eiffel ou les pyramides d'Egypte : "Génie ou folie", lui demandait-elle ? Voilà exactement l'hésitation que m'inspire aujourd'hui Aromatics Elixir de Clinique.

Aromatics Elixir ressemble tout simplement à un exercice qu'on aurait su exécuter à la perfection : quelqu'un a un jour demandé à Bernard Chant de composer une base de chypre, et c'est strictement ce que le parfumeur a fait. Cette famille olfactive est sans doute la plus capiteuse, la plus enivrante de toutes car, bien souvent, elle utilise une large gamme de notes, des plus légères aux plus riches, le secret étant de parvenir à les lier avec une certaine rondeur tout en conservant une impression de relief marquée. Ici donc, des fleurs, de la rose en particulier, sur une trame patchouli-vétiver-mousse de chêne immanquable et fatale, qui s'expriment avec puissance et vous garantissent de ne pas passer inaperçue.

Le parfum est extrêmement réussi : harmonieux, dense, opulent et même doté d'une certaine majesté, il en impose, et ce n'est pas un hasard s'il continue, trente-cinq ans après sa sortie, de s'attirer les faveurs d'une clientèle fidèle. Je crains toutefois qu'il ne souffre d'une image bourgeoise-qui-en-rajoute un rien roborative, trop parfait dans son rôle pour qu'on l'imagine capable de séduire ailleurs. Je ne me mens pas : lorsque je le croise dans la rue, je continue de me retourner car son panache reste intact, mais je rêve désormais qu'une touche d'espièglerie ou d'humour vienne réveiller cette beauté un peu monocorde à mon goût.

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