mardi 17 août 2010

Boxeuses, Serge Lutens


Un vrai beau cuir, marquant, qui tutoie le mythique Cuir de Russie de Chanel ou l'emblématique Bel Ami d'Hermès, non sans citer au passage les grands frères au sein de sa propre gamme, Cuir Mauresque et Daim Blond... Boxeuses s'impose dès les premières notes comme un parfum important.

Le départ est signé de la main de Serge Lutens sans qu'aucun doute ne soit permis : on retrouve la cannelle de Rousse, le sucre sec de Filles en Aiguilles, cet accoutrement un peu pâtissier qui a marqué ses récentes créations jusqu'à un certain écoeurement... Par chance, il s'agit plus d'une sorte d'évocation très explicite mais fugace, qui inscrit Boxeuses dans la droite lignée de ses aînés, avant de le laisser voler de ses propres ailes.

Et là, quelle splendeur ! Un cuir donc, un vrai beau cuir, animal, entêtant, très différent du subtil Daim Blond et ô combien plus mordant que Cuir Mauresque, qui paraît soudain presque fade... Pourtant, ce Boxeuses est d'une grande finesse et n'envoie pas son éclat au nez avec la violence que son nom laisserait présager. Il s'impose par sa beauté, son harmonie, son équilibre entre âpreté et douceur, et surtout par une forme extrêmement fidèle à sa famille olfactive.

Celles et ceux qui sont friands du genre seront comblés, et de manière générale les amateurs de parfums salueront sans doute le retour du grand Serge au firmament après deux ou trois années en demi-teinte : avec Bas de Soie et Boxeuses, Lutens illumine 2010 de son génie, et nous ennivre à nouveau.

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