mardi 30 novembre 2010

Beauty, Calvin Klein


Qu'un parfum porte un nom présomptueux, cela est presque attendu : d'Allure à Power, de Youth Dew à Jolie Madame, l'histoire de la parfumerie est rythmée de personnages parés des plus nobles qualités, et l'on s'y est tant habitué qu'il est bien rare qu'on y fasse encore attention. Qu'une marque, en revanche, sorte cet hiver un parfum nommé Beauty, voilà qui ne manque pas d'inciter à sentir de quoi il s'agit : derrière l'évidence et la suprématie du mot repose une promesse qu'on ne peut s'empêcher de vouloir prendre pour soi--qui, en effet, ne voudrait pas au moins une fois sentir l'odeur de la beauté, surtout quand on peut se l'approprier contre une petite centaine d'euros ?

Faites demi-tour : Calvin Klein mériterait tout simplement un bon gros procès pour publicité mensongère. Beauty ne sent pas mauvais, mais il sent tout sauf beau : il ment comme il respire, grossièrement, sans s'excuser de sa supercherie balourde, empruntant le cocktail fleuri-sucré qui avait déjà fini par écoeurer son monde à l'époque de son premier bal, lorsqu'on l'a découvert au coeur du Fidji de Guy Laroche, ô combien plus subtil, et échoué l'an dernier avec une réussite relative dans l'Idole d'Armani (quelqu'un en a-t-il des nouvelles, d'ailleurs ?...).

On connaît la difficulté pour les marques de trouver des noms qui ne soient pas encore déposés : que va-t-on devenir si même les plus précieux servent à vendre des horreurs sans âme ? Au moins Lady Million a-t-il l'honnêteté de ne pas cacher sa vraie nature : Beauty, lui, est un vol.

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