dimanche 21 novembre 2010

Deneuve, Catherine Deneuve


Puisque nous observons actuellement un retour aux fondamentaux en parfumerie, j'écris aujourd'hui un billet à propos d'un parfum trop tôt disparu qui, j'en suis certain, connaîtrait ces temps-ci un succès immense si une équipe bien inspirée songeait à le remettre sur le marché : il s'agit de Deneuve, l'un des premiers "parfums de stars", conçu pour le marché américain et finalement échoué en France sans grande campagne pour le soutenir. Las, son succès fut mitigé, et il ne tarda pas à être retiré de la vente dans une discrétion absolue.

Pourtant, quel parfum ! Un bijou d'élégance, de tenue, de féminité. Un chypre vert dans la plus pure tradition, c'est-à-dire à la fois capiteux et grave, séduisant mais maniéré, un vrai parfum en somme, travaillé, copieux, opulent, imprégné du lustre prodigieux de son époque qui n'économisait ni sur le brushing, ni sur le rouge à lèvres, ni sur l'épaisseur du manteau. Et ce Deneuve sentait bon, scandaleusement bon, promenant ses notes de rose et de jasmin sur un duvet de mousse de chêne, de vétiver, de santal et de patchouli tout simplement magnétique.

Je serais curieux de savoir qui reste propriétaire de la formule aujourd'hui : il a certes disparu depuis fort longtemps mais nul doute que le prestige de son initiatrice, gigantesque et intact, suffirait à attirer sur son nom l'attention qu'il n'a pas assez reçue lors de son lancement. Auréolé de cette pastille vintage que tant vénèrent désormais, il connaîtrait sans doute l'heure de gloire qui lui a manqué. Mais je rêve, à double titre : la chose ne semble pas d'actualité d'une part, et de l'autre il y aurait fort à parier que cette formule, saturée de matières aujourd'hui interdites, serait rafistolée selon des méthodes que nous avons déjà souvent vues à l'oeuvre chez Dior ou Guerlain et qui ont dénaturé suffisamment de mythes pour qu'on se contente du souvenir du sillage Deneuve, décidément splendide.

5 commentaires:

  1. Le nom semble toujours protégé, mais pas la formule (?), puisque Irma Shorell/Long Lost Perfumes en commercialise une réédition/reproduction!

    Aucune idée de ce que donne la susdite, mais c'est vraiment que Deneuve devait avoir ses fans inconsolables, pour que la formule soit reprise et reproduite...

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  2. Où donc est commercialisée cette reproduction ?

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  3. Nemo,

    A l'adresse que j'avais donnée (mais il est vrai invisible dans le formatage du commentaire!): chez Irma Shorell, ici! La "réédition" s'appelle "Cannes", puisqu'ils n'avaient apparemment pas les droits sur le nom.

    Encore une fois, je ne sais pas ce que ça vaut, mais ça a au moins le mérite d'exister...

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  4. Bonsoir, merci beaucoup Six', je vais jeter un oeil curieux (et si possible, un nez, un jour) !

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  5. Merci Six' pour ces précisions ! J'irais bien faire un tour à Cannes pour découvrir cela mais... ça devra attendre : j'habite à Valenciennes ! ;)

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