mercredi 3 novembre 2010

Essenza, Acqua di Parma


Après une décennie à deux têtes, tiraillée entre les sorties commerciales fruitées-boisées-musquées d'une part et la naissance et l'âge d'or d'une parfumerie dite "de niche" souvent expérimentale d'autre part, de récents lancements me donnent l'impression que l'époque revient à une forme beaucoup plus classique, plus formelle, avec en filigrane la référence à des codes clairement bourgeois qui remettent le parfum à sa place originale : un produit de luxe. Ainsi donc le bouquet floral Love, Chloé, l'envolée verte de Bas de Soie chez Serge Lutens ou la délicieuse astringence d'un Grey Vetiver par Tom Ford. Chacune dans leur domaine, ces trois nouveautés fleurent bon la salle de bains d'antan--la poussière en moins.

Lorsqu'Acqua di Parma a remis son eau de cologne sur le devant de la scène au début des années 2000 à grands renforts de marketing, je n'ai pas vraiment été impressionné : ce n'était qu'une eau de cologne, en effet, certes fraîche comme il se doit mais aussi diablement poudrée et surtout très volatile. Après plusieurs variations (Assoluta, Intenza) chargées d'améliorer ce défaut caractéristique des colognes, la marque revient aujourd'hui avec une troisième interprétation dont je n'attendais pas grand chose de plus. C'est donc non sans stupeur et joie que j'ai découvert Essenza la bien nommée : une empreinte de cologne, toute sa trame de A à Z, la fraîcheur, l'aspect légèrement boisé en fond, et cette élégance à toute épreuve pour couronner le tout, mais ensemble magnifiés, amplifiés, portés à une intensité nettement supérieure à l'original. Essenza possède cette qualité vitale au succès d'un parfum pourtant souvent oubliée ces dernières années : elle sent bon, immédiatement et longtemps, et s'inscrit sur le fond comme sur la forme dans cet apparent retour à un goût des belles choses dont je parlais en préambule. Une cologne suprême, un bijou de classicisme.

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