mercredi 24 novembre 2010

Miss Dior, Christian Dior


La maison Christian Dior n'a pas toujours été le refuge des jet-setteuses un peu cocottes qui, de Porto Cervo à Dubrovnik, promènent à leur bras le dernier sac à la mode. Avant John Galliano régnait au 30, avenue Montaigne un climat de luxe feutré et exigeant qui n'ouvrait pas ses portes à tout le monde : on était reçu là comme dans un club et comprenait au premier coup d'oeil l'exclusivité de l'endroit. L'esprit a aujourd'hui bien disparu de la célèbre boutique parisienne mais survit tant bien que mal dans le parfum le plus Dior que la marque ait jamais sorti : Miss Dior.

Son nom est une plaisanterie : rien, dans l'austère beauté de son sillage, n'évoque la fraîcheur ou la spontanéité d'une demoiselle. Miss Dior est un monument d'aristocratie, froid, impeccable, tenant le monde à bonne distance par une verdeur intense qui douche toute tentative de sensualité. On le reçoit en plein visage comme l'éducation d'une enfant bien née : ce n'est pas une caresse, c'est une humiliation. Devant si peu de tendresse, on serait tenté de reculer... Ce serait compter sans le prodige de ce parfum extraordinaire : une espèce de désaccord captivant, une course-poursuite étrange entre le vétiver et la mousse de chêne qui vient créer, au milieu de ce lac imperturbable, le rythme qui a failli lui manquer. Il est d'une autre époque, assurément, mais c'est sans doute devant l'assurance suprême qui en émane que l'on reste, aujourd'hui plus que jamais, stupéfait et ravi. Voilà un parfum littéralement impressionnant.

1 commentaire:

  1. Oui c'est tout à fait ça Miss Dior! Excellent article encore une fois!
    Bravo!

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