mercredi 8 décembre 2010

Balman, Balmain


Balman est sorti bien avant la Balmania, cet engouement autour de la célèbre marque de couture parisienne depuis qu'elle a été reprise en main par Christophe Decarnin, et cela se voit plus que ça ne se sent : un nom facile et peu évocateur, un flacon sans audace... ces premiers abords furieusement fades sont à mille lieues de l'image forte, urbaine et rock de ce qu'est devenu Balmain depuis qu'il a vu le jour.

Je n'avais jamais fait attention à lui jusqu'à présent mais, l'apercevant en bas d'une étagère ce matin, j'ai voulu voir à quoi il pouvait bien ressembler. Heureuse surprise : j'ai découvert là une composition subtile et très réussie. Alors que les nez ne savent plus toujours sur quelle ficelle tirer pour renouveler l'offre auprès des hommes, Balman s'avance avec assurance et calme autour d'une note de lavande cendrée parfaitement sobre, masculine et pourtant bien présente, portée par un fond boisé et musqué qui évite avec soin de verser dans le trop classique ou dans l'avant-gardiste. Balman propose un sillage agréable et tout à fait compréhensible qu'on est pourtant loin d'avoir senti partout. Il retranscrit assez bien la qualité principale qu'on doit trouver dans le vestiaire d'un homme : la juste mesure, un choix restreint d'éléments assemblés sans recherche d'effets spectaculaires, se contentant de souligner sa personnalité au lieu de l'annoncer. Il y a beaucoup d'équilibre, de tenue, de classe dans ce parfum : pourvu que cela dure, car il me semble par ailleurs bien mal armé pour survivre au perpétuel ménage de printemps que les responsables marketing aiment entreprendre dans les gammes de nos augustes maisons.

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