mercredi 15 décembre 2010

Eau de Parfum, Boucheron


En voilà un qui m'a littéralement pris à contrepied : Boucheron se lançant dans la parfumerie, cela m'évoquait aussitôt un de ces chypres monumentaux, une débauche de notes opulentes qui, jouant sur les habitudes et les codes, auraient composé un énième monument du parisianisme olfactif.

Mais non : le premier parfum Boucheron, c'est un voyage lointain, une douce caresse, un rêve. Les notes de tête sont là un court instant pour servir de détonateur et aussitôt vous dépayser en faisant danser deux fleurs blanches que j'ai d'habitude grand mal à supporter : la tubéreuse et la fleur d'oranger, qui ici émerveillent par leur caractère lisse, onctueux et accueillant. On est très loin de l'effet narcotique et entêtant qu'elles procurent d'ordinaire.

Ce parfum très fleuri appartient toutefois à la catégorie des orientaux, et il leur fait honneur : on sent très vite l'odeur confortable et suave de la vanille qui, mêlée aux baumes et à la fève tonka, contrebalance l'ardeur aiguë de la tubéreuse avec une langueur délicieuse.

Boucheron pour femme est un parfum du soleil et un parfum du corps, une danse endiablée en même temps qu'une sieste sur la plage. Son évolution, très progressive, semble faite pour accompagner les heures de la journée : vibrante le matin, rayonnante à midi, puis s'assoupissant lentement jusqu'au point du jour, elle passe d'un moment à l'autre avec un faste tranquille. Décidément, rien dans ce parfum n'évoque le rythme de Paris... sinon qu'un joyau pareil, aussi exotique soit-il, ne peut sans doute trouver meilleures vitrines que celles de la place Vendôme pour briller.

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