mercredi 1 décembre 2010

Knowing, Estée Lauder


Aujourd'hui j'ai découvert Knowing d'Estée Lauder. Je suis un lecteur régulier du site auparfum.com et j'ai été interpellé par un récent avis de Jeanne Doré consacré à ce parfum que je n'avais jamais pris la peine de sentir auparavant : d'humeur curieuse cet après-midi, c'est vers lui que je me suis spontanément dirigé.

Aujourd'hui je croyais donc découvrir Knowing d'Estée Lauder pour la première fois, et il n'en fut rien : à peine avais-je vaporisé quelques gouttes sur la mouillette, je réalisai que je connaissais Knowing depuis des années et ne savais pas que c'était lui !

Ce sillage frondeur, aigu, au caractère incroyablement fort, je l'ai en effet d'abord senti il y a une vingtaine d'années dans les pas d'une amie de ma mère, à une époque où son panache époustouflant collait assez bien à l'air du temps (fastueux, un brin décadent, et plutôt pas modeste). Je le détestais : il manquait tellement de douceur et tellement de manières !

Puis il a disparu pendant fort longtemps de mon petit spectre, avant que je ne rencontre dans le cadre de mon métier une cliente qui le portait. C'était en 2008 et dans l'entrefait, mon goût s'était affiné, avait mis de côté certains parfums un temps idôlatrés et réhabilité d'autres jus que j'avais trop vite discrédités. Knowing, pourtant, ne connaîtra pas ce sort. En le retrouvant aujourd'hui, je retrouve l'odeur perçante de cette cliente pourtant aimable, celle-là même qui suivait la bonne copine de ma mère quelques années plus tôt, et rien n'y fait : il sent fort, atrocement. Certes il est bien fait et a bien plus de corps que nombre de sorties plus récentes, mais c'est un brise-glace qui fend tout devant lui, sans discernement et sans gêne. Sa personnalité considérable ne me séduit pas, comme ne m'a pas séduit le Soir de Lune de Sisley qui me semble d'ailleurs lui rendre un hommage très appuyé.

Une dernière remarque, enfin : rêvé-je, ou Knowing n'est-il pas lui-même le calque du mythique (et néanmoins furieux) Poison ? Cette valse rose-prune en coeur me convainc absolument de la filiation, et explique sans doute aussi ce rejet puissant qu'il m'inspire. Je dois toutefois lui reconnaître un mérite évident : peu nombreux sont ceux qui peuvent aussi brillamment nous replonger en un éclair dans une authentique ambiance années 1980 (laque Ellnett, Mercedes rutilante, clubs de golf dans le coffre...) !

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