vendredi 28 octobre 2011

Egoïste, Chanel


Scandant son nom à travers les fenêtres d'un palace dont elles ouvraient et refermaient les volets au rythme endiablé du Roméo et Juliette de Prokofiev, ce sont des femmes hystériques qui ont fait d'Egoïste, bien avant que quiconque ait eu la chance de le sentir, un mythe, à travers une publicité restée gravée dans les mémoires. Quel nom d'ailleurs, et quelle mise en scène brillante, installant d'emblée un personnage viril, séducteur et sans remords.

En réalité, le parfum lui-même fonctionne à l'opposé diamétral de cette fougue théâtrale. Il commence par des notes fruitées, légèrement acidulées, qui lui confèrent une clarté et une luminosité qui ne le quitteront pas. Au coeur, quelques fleurs, la rose et le jasmin notamment, accompagnent la vanille, le véritable bijou d'Egoïste, la pierre sur laquelle tout repose et qui, associée au santal, lui donne ce caractère onctueux, souple, vaguement animal, le plaçant finalement à la frontière entre les orientaux et les cuirs. C'est un parfum racé, luxueux, étonnamment discret qui laisse planer un sillage délicat dénué de toute afféterie. En cela, il traduit une certaine idée de maturité et perpétue une tradition Chanel de grande qualité qui, aujourd'hui encore, est rarement prise en défaut. Un beau parfum, qui traverse le temps sans perdre une once de son charme.

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