vendredi 11 novembre 2011

Violet Blonde, Tom Ford

Puisque Procter & Gamble s'est employé à effacer toute trace du passage de Tom Ford chez Gucci en supprimant un à un chacun des parfums sortis à l'époque où le couturier américain dirigeait la maison italienne, il semble de bonne guerre que celui-ci reprenne à son compte les recettes qu'il avait mises au point et qui lui avaient valu le succès que l'on sait. Ainsi cet automne, voici Violet Blonde, le fantôme de la magnifique Eau de Parfum Gucci, une composition nocturne épatante et moderne qui faisait le grand écart entre l'héliotrope et le musc.

Là où le premier réussissait à livrer un effet compact, riche et caressant, le petit nouveau insiste sur un aspect beaucoup plus cosmétique et hautain. En tête, une note verte décidément très à la mode vient apporter une touche luxueuse presque sévère : on décèle en effet un trait de violette, la note suraiguë de la parfumerie, avant de retrouver l'héliotrope de la composition de départ. Puis, très rapidement, c'est le déballage de salle de bains : le bâton de rouge, le vernis et surtout la laque, tout un attirail en définitive plutôt daté, est évoqué par une insistance forte sur la note d'iris qui traverse le parfum de bout en bout. Un juste dosage de cèdre et de vétiver empêche cependant de tomber dans une esthétique poulette : Violet Blonde est le parfum d'une femme qui aime se faire belle mais ne laisse pas au premier venu le privilège d'en profiter. Par les temps qui courent, c'est un mérite qu'on ne manquera pas de saluer, cependant il paraît difficile d'oublier que ce Violet Blonde, aussi réussi soit-il, reste un très bel exercice de recyclage, une fois de plus : on se prend à rêver que Tom Ford, pour ses prochains lancements, n'oublie pas l'essentiel : inventer.

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