dimanche 4 décembre 2011

Fougère Royale, Houbigant

Après déjà plusieurs morts, la marque Houbigant a réapparu l'an dernier, et avec elle le mythique Fougère Royale qui lui a valu sa notoriété. Dans quelle mesure la formule actuelle ressemble-t-elle à l'originale ? Nul ne le sait (ce parfum a presque 150 ans). Quoi qu'il en soit, outre le fait qu'aujourd'hui encore on crée de nouveaux parfums apparentés à la famille qu'il a initiée, ce Fougère Royale étonne en premier lieu par son éclatante modernité. Pas un soupçon de vieillerie, pas la moindre trace de désuétude, et au contraire quelque chose d'incroyablement vibrant et d'intense qui ne le place pas du tout sur le terrain où je l'attendais.

Je m'étais imaginé une odeur de beau savon, une lavande nette posée sur une verdure naturaliste : j'en suis pour mes frais. La puissante note verte abandonne son astringence habituelle pour une profondeur moelleuse et excitante qui surprend par l'insistance de son caractère flatteur et caressant. On distingue, en toile de fond, un vétiver somptueux, discret, sans cesse flouté par l'omniprésente coumarine, et il y a sur ce tableau tout vert de perpétuels reflets d'or : Fougère Royale rappelle sa présence chatoyante au moindre courant d'air.

D'ailleurs, ce qui frappe sans doute le plus dans ce parfum très cher (120 euros les 100ml, tout de même), c'est son luxe, la qualité évidente de ses ingrédients rivalisant avec celle du Sycomore de Chanel. Un parfum pour de très belles occasions en somme, pour une valse au Ritz ou une dernière cigarette.

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