samedi 1 septembre 2012

Empreinte, Courrèges

Dans l'une des scènes les plus drôles du film La Boum, Françoise Berretton (incarnée par Brigitte Fossey) entre dans la parfumerie de la maîtresse de son mari en demandant nonchalamment "Vous avez Empreinte, de Courrèges ?". Deux secondes plus tard, dans une furie glaciale, elle ravage les lieux à coups de sac à main avant de s'en aller comme elle était venue, laissant sa rivale perplexe et humiliée au milieu du fatras. Ainsi connus-je Empreinte, avant d'avoir jamais pu le sentir : je l'aimais déjà.

Courrèges a décidé de relancer sa production à l'occasion des cinquante ans de la marque, et bien lui en a pris. Voilà l'archétype du chypre des années 1970, départ frais, coeur fleuri de rose, et surtout ce fond de bois, de patchouli et d'ambre que l'on a pu retrouver dans tant de parfums français à cette époque (Ho Hang de Balenciaga, Trophée Lancôme plus tard...). La mode a passé, et les nez ont petit à petit abandonné la formule : c'est une joie de la retrouver (presque) intacte aujourd'hui, avec son chic un peu viril.

Spontanément lorsque je sens Empreinte, je l'imagine dans la nuque d'une femme âgée d'une soixantaine d'années, armée d'un regard aiguisé sur le monde qui l'entoure, retrouvant un parfum qu'elle avait naguère beaucoup aimé ; en définitive, il me semble tout aussi susceptible de plaire à de jeunes filles qui succomberont à son élégance un peu sport, à sa vivacité et à son caractère.

Empreinte enfin : quel beau nom pour un parfum !

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