mercredi 25 septembre 2013

Pour un homme, Caron

Le temps passe et je commence, enfin, à succomber à la ritournelle désuète de Pour un homme.

Il faut admettre que sa formule ne peut cacher son âge (bientôt 80 ans), et semble taillée pour accompagner un rituel de rasage que bien peu doivent encore respecter. C'est en fait tout le charme de ce parfum : son sillage frais et suave transforme celui qui le porte, quelle que soit sa tenue vestimentaire, en parfait gentleman.

En réalité, il n'y a là rien de très compliqué : de la lavande et de la vanille en quantité dans une brume de coumarine, et presque aucune note autour. C'est si simple, si évident, si naturel que je suis longtemps passé à côté. Ces atours classiques ne sont pourtant pas faciles : la préciosité qui s'en dégage n'a rien des colognes "sport" contemporaines. La vanille en particulier semble embrasser sa cousine de chez Guerlain, cette fameuse signature orientale évocatrice du Paris fastueux de la Belle Epoque.

Bon an, mal an, Pour un homme est parvenu à traverser les décennies jusqu'à nous : c'est aujourd'hui un choix malicieux, une alternative originale à des parfums plus récents qui lui doivent beaucoup, Le mâle en tête, et devant lesquels il impose son beau visage noble, certes parsemé de quelques rides, mais l'esprit toujours aussi vif.

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